La valeur de l’indépendance
Un catalogue sûr !
Pourquoi ABC’éditions reste une structure à but non lucratif face à la mode des « indépendances de confort ».
Alors que le monde de l’édition traverse une nouvelle crise de conscience, marquée par le départ fracassant d’auteurs et d’autrices célèbres de grandes maisons commerciales au nom de la « liberté d’expression », ABC’éditions tient à rappeler une vérité fondamentale, trop souvent occultée par les effets de manche médiatiques : la véritable indépendance ne se décrète pas dans un manifeste signé par des stars ; elle se prouve par les livres que l’on ose publier quand personne ne regarde.
Quitter un grand groupe pour créer un collectif « indépendant » tout en conservant ses réseaux, sa notoriété et ses attentes de ventes relève souvent davantage de l’autopromotion que de la révolution éditoriale. C’est une « indépendance de confort ». Il y a une contradiction fondamentale à réclamer la liberté d’esprit tout en exigeant la sécurité matérielle que seul le grand capital peut offrir.
Chez ABC’éditions, nous avons fait un autre choix : celui d’une structure à but non lucratif, où chaque euro généré est réinvesti dans le projet éditorial, sans actionnaire à rémunérer, sans logique de croissance à satisfaire. Ce n’est pas le statut juridique qui fait la vertu, c’est l’absence totale de finalité lucrative. C’est cette architecture fragile et exigeante qui nous permet de publier ce que le marché rejetterait.
La preuve par notre catalogue
Notre indépendance n’est pas un concept abstrait. Elle est tangible, page après page, dans notre catalogue depuis 2010. Qui, dans un groupe coté en bourse ou détenu par un conglomérat du luxe — ou même dans une structure indépendante visant la rentabilité — oserait publier :
- « 800 milliards ! (pour tuer des enfants et arracher des bras) » ? Une critique frontale de la grande finance et de ses conflits d’intérêts, sans concession pour les puissants.
- « L’Impossible procès [du nucléaire] » ? Un ouvrage qui interroge la responsabilité pénale des dirigeants face aux catastrophes atomiques, un sujet trop chaud pour les stratégies commerciales prudentes.
- « Ouranos – les trois fonctions de la religion dans l’État » ? Une analyse qui décortique les relations ancestrales entre pouvoir armé, propagande et domination des masses.
- « Marichiweu ! » 10 et mille fois nous vaincrons, de Marlene Feeley, femme de ménage exilée écrivant au Sous-commandant Marcos, ou « Pienso, luego estorbo / Je pense, donc je gêne » d'une autre poétesse chilienne, Silvia Cuevas Morales ? Des voix en résistance qui ne correspondent à aucun standard de vente.
- « HomoZetor » (ce prophète lunaire visité par un couple spéléologue) ou « Le droit universel à la moustache » (le documentaire graphique d'un peintre contemporain sur cette lutte ouvrière oubliée de 1907) ? Des récits dynamiques, heurtant les attendus de l'étrangeté, aux visions réalistes et nécessaires, qui n’ont aucune vocation au best-seller mais tout au sens humain.
- Ne parlons pas d’essais sociologiques informant des signes de détresse des enfants (L'Enfant des abîmes, de Laurent Mélito, ou de fragments de vie minuscules, hors de la société du spectacle, comme En Intérim, méserrances salariales de Ker Batia, ou Le Ciel à la porte de Laure Cohen, ou, encore, INCLUSIFVES, le recueil de nouvelles et poésies en écritures inclusives.
Quelle puissance éditoriale dotée de distribution-diffusion à large échelle aurait voulu donner leurs chances à ces primo-écrivant·es ?...
Ces livres existent chez nous non pas grâce à un calcul marketing, mais par un engagement éthique. Notre ligne éditoriale — « Écrire pour rappeler la vie face aux ratiocinations sociétales inhumaines » — n’est pas un slogan. C’est la boussole qui guide nos choix, nous permettant de soutenir les droits humains et la biodiversité sans filtre, sans autocensure, et sans demande d’autorisation.
De l’analyse anthropologique de Jean Monod (« Après le déluge – Le mythe des catastrophes salvatrices ») à la tragi-poésie d'invasion radioscénique de Lila Janvier (« MURMURATION[S] »), en passant par l’imaginaire extra-carcéral de « L’Île du Chat Bleu » pour enfants, ou les actes du colloque des Reclusiennes 2024 (« COHABITER ») sur le terrible constat du bonheur surveillé sous emprise coloniale en Cisjordanie (Traité secret pour guérir de la joie, d'Abdul-Rahim Al-Shaikh), notre catalogue est et restera un permanent acte de résistance.
Le prix de la liberté : assumer l’invisibilité
Soyons lucides : cette indépendance radicale a un coût. Nous l’acceptons pleinement. Ce coût, c’est le silence relatif des grands médias. Non pas parce que nos livres manquent de qualité — loin de là —, mais parce qu’ils ne s’inscrivent pas dans les circuits de la grande distribution, ne génèrent pas les marges attendues par les prescripteurs et, surtout, dérangent l’ordre établi.
Nous ne nous plaignons pas de cette situation ; nous la revendiquons. Nous préférons être libres et moins visibles, plutôt que largement diffusés sous tutelle éditoriale. Notre économie est celle de la conviction. ABC’éditions n’est pas assujettie à la TVA ; nos tarifs sont entiers, libres de toute logique de profit, et chaque facture contribue uniquement à pérenniser cette structure de résistance basée à Gourdon-en-Quercy.
Un appel à la cohérence
Aux autrices, aux auteurs, aux lectorats et à la profession culturelle qui invoquent l’autonomie de la pensée, ABC’éditions lance un appel à la cohérence.
Ne vous laissez pas berner par les labels d’indépendance de façade. La vraie liberté a une adresse physique, celle de bénévoles qui s’impliquent au quotidien, loin des strass et des paillettes parisiennes :
ABC’éditions 6 rue du Majou, 46300 Gourdon-en-Quercy
05 65 27 19 27 / 06 69 58 02 57
L’indépendance n’est pas un argument de vente. C’est une architecture qui demande un renoncement constant aux sirènes de la facilité. C’est le choix de rappeler la vie, coûte que coûte.
Bienvenue chez les artisans d’une libre pensée – réellement libre. Bienvenue à ABC’éditions.
ABC’éditions
Écrire pour rappeler la vie face aux ratiocinations sociétales inhumaines. Association à but non lucratif – Non assujettie à la TVA.